Désinstitutionalisation et changement de paradigme de la protection

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Rafaele MATTEI, directeur de la Fondazione Amilcare

Appartements pour adolescents, Lugano (Suisse italienne)

Après des années d’exploitation des foyers traditionnels d’éducation sociales ceux-ci montrent des signes d’essoufflement. Les jeunes n’adhérent plus aux cadres normatifs qui leurs sont imposés, et les réponses qui leurs sont opposées entraînent leur fugue ou leur exclusion.

Qui sont ces adolescents? Ils sont majoritairement issus de milieux dont le père est

absent et dont la mère souffre de troubles psychiques. Ils ont été livrés à eux-mêmes

et leur parcours a multiplié les échecs. Les foyers dans ce sens sont des structures trop rigides et la chaîne sociale tend à s’imposer au jeune en lui prescrivant des solutions violentes, voire maltraitantes. Les centres fermés comptent au nombre de ces solutions.

J’ai donc interrogé ces jeunes et leur ai demandé de me décrire les solutions qui leurs seraient acceptables. Ils auraient 16 ans au minimum et ils demandent à manger, à dormir et à être logés. La responsabilité est partagée avec les adultes. Deux éducateurs recherchent l’hébergement et la direction de l’établissement s’engage auprès du bailleur. Le jeune signe un contrat de confiance, il choisit ensuite son mobilier. Les éducateurs consentiront librement un minimum de 8 heures hebdomadaires auprès de lui, lesquelles seront consacrées à l’apprentissage de la vie quotidienne et pas à l’observation des règles strictes du foyer.

Après 10 années d’expérience, j’affirme que cette forme de l’intervention offre les meilleurs résultats. Les relations de confiance qui se sont établies entre le jeune

et les adultes sont significatives et protectrices. Elles modifient profondément le concept de foyer en explorant les formes de l’inclusion sociale.

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