Position concernant le renouveau du  vocabulaire dédié aux services et dispositifs

Ne parlons plus de désinstitutionnalisation, préférons d’autres termes : transition vers la communauté ou vers une société inclusive.

Que le service ou dispositif institué s’adapte régulièrement aux besoins du  jeune qu’il accueille est bien l’ambition des services et institutions membres des associations nationales fondatrices de MèTIS-Europe. Le concept de dispositif, le mode de financement rénové, permettent de mieux articuler leurs accompagnements prenant en compte les besoins du jeune, de ses parents,  de sa famille de façon particulière. Les services pourront s’engager sur des modalités d’interventions différentes ; travail à domicile, accueil séquentiel, accueil en collectivité, accompagnement en réseau avec des intervenants choisis avec la famille dans une proximité géographique.

Ces approches innovantes plaident pour une souplesse d’utilisation de ces modalités à condition qu’elles ne  nécessitent pas de lourdes démarches auprès des  instances ou administrations qui orientent ou octroient les subsides. Des parcours individualisés peuvent débuter par tout type d’intervention pour évoluer ensuite vers l’une ou l’autre modalité.

Les professionnels accompagnent la famille experte du vécu. Ils soutiennent le « pouvoir d’agir » des familles qui est la clef de voûte du changement. Ils prennent en compte la tension existant entre les projets de la famille et les exigences de l’institution.

La fausse évidence, souvent véhiculée, est qu’un jeune manifestant des troubles du comportement  devrait être extrait de sa famille pour séjourner dans les murs d’une institution protégée. L’usage du vocable « placement » renforce cette vision coercitive. Il convient de réserver ce vocabulaire aux séjours imposés par une mesure de protection prise par l’autorité de décision de référence.

L’accès aux services et dispositifs des adhérents de MèTIS-Europe se fait sur un constat de difficultés liées à des troubles de la santé mentale de ces jeunes. Il s’agit d’abord de soins, et si certains cumulent des difficultés sociales, familiales nécessitant une mise à distance du milieu d’origine, l’autorité de décision  est alors la seule à pouvoir l’ordonner.

La prise en compte inclusive répond aux besoins du jeune et de sa famille si le service ou le dispositif permettent le maintien ou le retour à l’école ordinaire et dans des organisations proches de la famille. Elle vise aussi à renforcer l’inclusion de la famille elle-même dans son environnement. (Cf. Déclaration de MèTIS sur la place de la famille dans les services et dispositifs).

Les actions soignantes doivent également prendre en considération les besoins particuliers des personnels qui accompagnent ces jeunes et leurs familles.

L’évolution du paradigme de l’intervention conduit à la valorisation des pratiques innovantes de l’accompagnement. Ce changement doit être assorti d’une terminologie rénovée évitant les formulations anciennes ou inadéquates. Il vise la transition vers la communauté comme vecteur de la société inclusive

Déclaration de l’AG de MèTIS-EUROPE , nov 2018

 

 

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